Lundi 24 janvier 1 24 /01 /Jan 16:06

a l'enversAu mois d’avril 2010, l’affaire de Perpignan relatée d’abord dans les médias main stream a fait ensuite la une de tous les grands médias d’extrême droite.

Elle y complète avantageusement le cas Marie Neige Sardin, égérie de ces mêmes médias, libraire au Bourget qui affirme être la cible de multiples agressions « racistes «  de la part des « musulmans » selon elle tout puissants en Seine Saint Denis.

  Cette affaire de Perpignan a largement dépassé le cercle de la "fachosphère".

Ce qui nous importe ici, c’est de nous interroger sur la méthode justement, qui consiste à partir de ces faits divers , de ces histoires individuelles pour lancer le débat . Nous nous sommes donc intéressés aux protagonistes de cette affaire, les « victimes » qui ont eu droit à la reprise de leurs propos dans les médias capitalistes et dans les médias d’extrême droite, alors que les accusés, eux n’ont jamais été interrogés sur leur version des faits.

Nous avons choisi l’affaire de Perpignan parce qu’elle a suscité une unanimité d’interprétation sans précédent :  ce ne sont pas seulement l’AGRIF, l’association qui a inventé le terme de "racisme anti- blanc"  et pas seulement les médias d’extrême droite, mais aussi le MRAP qui a choisi de soutenir les « victimes » et de valider le concept de « racisme anti-blanc » pour la première fois de son histoire.

Il s’agit donc de l’affaire la plus «insoupçonnable » et la plus « insoupçonnée » de toutes celles qui ont été prises par l’extrême droite pour appuyer leurs thèses.

De celles dont on nous répétera sans fin qu’elles obligent les naifs antiracistes à ne « plus nier l’évidence ».

Au premier abord, c’est effectivement une affaire terrible et extrêmement simple : les « victimes » sont un jeune couple avec un bébé de huit mois, et les faits indéniables  dans leur violence.

Des jeunes se sont introduits en défonçant la porte au domicile du couple Marc Henri et Myriam Picard, et ont fait usage de violence.

Un mineur de quinze arrêté après les faits a été reconnu formellement reconnu par l'épouse, mais nie en bloc.

La version de la famille Picard est la suivante :

Les jeunes auraient fait trop de bruit avec leurs scooters. Le père aurait "poliment" selon ses dires intimé aux jeunes d'en faire moins. Les jeunes l'auraient insulté. Il aurait alors versé "un peu d'eau d'une cruche", sur ces jeunes et c'est ce qui aurait déclenché leur intrusion, et l’agression.

Concernant les injures à caractère raciste

Dans les premières dépêches relatant l'affaire, ce qui est mentionné dans la presse, ce sont des insultes à caractère sexiste ( on te baise, on va violer ta femme....)

http://www.lepost.fr/article/2010/04/20/2040826_agression-gratuite-a-perpignan.html

Marc Henri Picard décide alors de raconter son histoire au site Fdesouche dans un commentaire, puis très vite choisit l'AGRIF comme défenseur, donne un entretien à Novopress cependant que son épouse, elle, parle à Riposte Laique quinze jours après les faits.

http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://fr.novopress.info/56505/exclusif-%E2%80%93-ils-echappent-de-peu-a-un-lynchage-anti-francais-ils-temoignent/

http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://www.ripostelaique.com/Interview-de-Myriam-Picard.html

C'est là qu'apparait un exposé plus détaillé des injures à caractère raciste, et vraiment ces jeunes gens ont fait la totale pour ressembler à l'image que l'on donne d'eux... « On va baiser ta Blanche, on te nique ta race sale Cefran, etc, etc »

C'est là aussi que l'épouse ajoute un élément à son témoignage :au cours de sa grossesse , elle aurait été bousculée par un jeune, et ce jeune aurait également proféré ce jour- là des insultes à caractère raciste.

Dans les entretiens des deux époux avec Novopress et Riposte Laique, chacun pourra voir que les deux membres du couple  ont un discours assez structuré sur l'invasion du centre ville par les "jeunes qui n'habitent pas là", "l'omerta et la peur qui fait que les gens n'osent pas dénoncer", "l'impunité judiciaire pour les mineurs", mais aussi la description des jeunes qui "hurlent comme des animaux".

Face à la proposition du Mrap de les défendre , ils se montrent pour le moins critiques, l'association étant selon eux "soupçonneuse" , parce que l'avocat leur a posé des questions sur la manière exacte dont se sont déroulés les évènements, ce que ferait tout avocat. Ils ne donnent donc pas suite à la proposition du Mrap , mais par contre parleront à tous les médias identitaires qui le souhaitent .

Pour le MRAP , mais aussi pour d’autres commentateurs, la stratégie de cette famille est insoupçonnable et le fait qu’elle se tourne vers l’extrême droite analysé comme une « réaction » au fameux racisme antiblancs.

Explication banale de la lepenisation des esprits : le racisme c’est la faute des victimes du racisme, qui n’en sont en fait pas vraiment, mais plutôt les vrais  bourreaux dont on tait les méfaits par « bonne conscience », ce qui explique que les « vraies » victimes finissent par se réfugier à l’extrême droite.

L’AGRIF n’est pas allée chercher le témoignage et la version des jeunes, bien entendu. Mais le MRAP ne l’a pas fait non plus, et décidé d’entrée qu’il y avait dans cette histoire des coupables certains et des victimes hors de tout soupçon

Pourtant  ce n'est pas la première fois que Marc Henri Picard est mentionné sur Novopress. En effet, le jeune père de famille ex pompier de Paris est aussi l'auteur d'un bouquin qui raconte sa quête initiatique de jeune catholique lors de son voyage à pied en Sibérie.

- Le livre a été publié aux Editions de L'Oeuvre, tenue par un ancien des Presses de la Renaissance , maison qui publie également du Benoit 16, mais aussi des bouquins sur l'horreur du communisme.

- Victor Loupan, responsable de cette maison d'éditions est également chroniqueur au Figaro,  membre d'associations proches de l'Eglise orthodoxe russe, et surtout invité assez fréquemment à Radio Courtoisie au titre de directeur du journal La pensée Russe, qui se présente comme LE journal de l'émigration russe depuis 1947.

http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://tradinews.blogspot.com/2009/11/christophe-saint-placide-summorum.html

- Récemment, les Editions de l'Oeuvre ont accueilli en leur sein, les éditions Ad solem, dont le responsable est très proche des mileux catholiques   traditionnalistes intégristes , ou évolue aussi l'AGRIF

http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://radio-courtoisie.over-blog.com/article-11485242.html

Novopress Bretagne avait  parlé du bouquin en ces termes

« En digne héritier de Nicolas Bouvier, Marc-Henri Picard, dont c’est le premier ouvrage, nous entraîne dans sa folle équipée, avec grâce et humilité. [...] Cet aventurier hors normes livre le récit de cette quête, dont il fait une sublime poésie. D’un voyage initiatique, ce jeune Européen a su tirer un récit magnifique, d’une authenticité rare. Une rencontre improbable entre un caractère et un style. Avec Où traîne encore le cri des loups, un écrivain est né. » NovoPress / Breizh

Sur le Salon Beige, de la même mouvance que l'AGRIF, figure également une élogieuse critique de ce bouquin. Le Salon beige relaiera avec fierté le choix de l’AGRIF par la famille Picard, évidemment

http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2009/05/index.html

La victime de racisme « anti Blancs » dans cette affaire  est donc un jeune écrivain catholique édité dans une maison qui a des liens indéniables avec la branche catholique de l’extrême droite.

Qu’aucun journaliste n’ait même mentionné cette information aisément accessible et publique n’a rien de vraiment étonnant.

Par contre comment le MRAP a-t-il pu se solidariser aussi facilement et considérer comme vérité inquestionnable la version de la famille Picard ?

Ce qui frappe dans le communiqué du MRAP 66 en effet, c’est l’absence totale de tout emploi du conditionnel : les jeunes mis en cause n’auront même pas le bénéfice du doute quant aux « injures raciales », pas de présomption d’innocence dans leur cas.

En fait, en ce début 2010, la pression a grandi contre les associations antiracistes concernant la reconnaissance de l’existence du fameux racisme anti-blanc : même la LICRA , pourtant la plus modérée de ces associations officielles, qui a déjà approuvé la notion de racisme anti blanc par le passé a été violemment mise en cause dans les colonnes du Figaro,  pour ne pas s’être alignée sur ceux qui voient dans chaque agression, dans chaque fait divers une manifestation de la prétendue oppression de la majorité par les minorités : le journaliste en question s’appelle Ivan Rioufol, et c’est lui qui fait notamment la promotion de la prétendue affaire Marie Neige Sardin, citée plus haut dans notre article.

L’histoire des martyrs de Perpignan est effectivement édifiante : elle marque le moment où toute une partie de la gauche et de l'extreme gauche a conclu d'office à la validité d'un concept clef de la stratégie fasciste.

Par Luftmenschen
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