Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 22:01

  au bout du cheminAndreas Breivik prétendait que les musulmans étaient le plus grand mal de la Terre et qu'ils avaient été amenés à la toute-puissance par les communistes depuis 1945.

 

Mais lorsqu'il a choisi de passer à l'acte, Andreas Breivik n'est pas allé flinguer le président de la Corée du Nord. Il n'a pas non plus ciblé un dirigeant musulman.

 

Andreas Breivik est allé tuer des jeunes gens venus assister et participer au camp organisé par un parti social-démocrate. Des jeunes gens qui pour la plupart étaient gamins ou même pas nés pendant la période à laquelle le tueur fasciste fait référence.

 

Pendant toutes ces années de réflexion et d'élaboration de son plan, pas un seul instant, Brevik n'a pensé à aller rejoindre les partisans de ses théories qui pullulent de par le monde : il n'est pas allé se battre en Tchétchénie, en Serbie ou ailleurs. Forcément, cela l'aurait mis dans une situation tout à fait différente, armé...mais contre d'autres hommes armés, pas contre des jeunes gens dont beaucoup étaient en maillot de bain.

 

Pourtant, Breivik se définit comme un chevalier, fait référence à l'ordre des Templiers. Sans avoir un seul instant, toutes ces années, réfléchi au ridicule monstrueux mais ridicule quand même de sa comparaison. Breivik n'a vu aucun souci à mener ce qu'il appelle une « croisade », en parcourant quelques dizaines de kilomètres, pour combattre contre ses compatriotes désarmés.

 

Dans l'imaginaire du jeune fasciste, il est un combattant courageux, et rien ne le fera douter de ça.

 

Le manifeste d'Andreas Breivik fait 1500 pages. De fait, la longueur, les redondances, les références innombrables à des théoriciens multiples, mais aussi les digressions sur une anecdote constituent une caractéristique commune de ce manifeste avec une littérature qui a connu beaucoup de succès ces dernières années : le pamphlet conspirationniste, sous forme d'écrit ou de vidéo, et quel que soit son contenu précis est toujours extrêmement long.

 

Pourquoi cette longueur ? Pour en avoir une idée, on peut par exemple, se pencher sur l' « explication » donnée par Alain Soral de la tuerie d'Oslo. Pour tous les fascistes qui ne sont pas prêts à assumer les tueries de masse dans l'immédiat, l'affaire Breivik était évidemment un peu gênante. Il fallait donc qu'elle ne soit pas ce qu'elle paraît et même l'inverse de ce qu'elle paraît.

 

Pendant de longues minutes, Alain Soral va parler du sionisme, de l'affaire DSK, de la guerre en Libye, de tout sauf de l'extrême-droite pour en arriver finalement à cette conclusion : les attentats d'Oslo fragilisent Marine Le Pen, il s'agit donc d'un complot du système contre le Front National.

 

Comment est-ce possible, quels sont les faits qui permettraient de relier Breivik à des « agents du système » ? Soral ne pose pas cette question et n'y répond pas. Il se fonde simplement sur d'autres complots antérieurement bâtis par lui-même, dans lesquels le « système » mettait Marine Le Pen en avant parce qu'ainsi la victoire était assurée pour le candidat du « sionisme international », DSK, en 2012. Celui-ci ayant eu quelques problèmes, le « système » a dû changer ses plans : il fallait faire baisser Marine Le Pen dans les sondages, et pour ce faire la décrédibiliser avec un attentat  commis par un soi-disant militant d'extrême droite...en Norvège.

 

Résumée en quelques lignes, la thèse de Soral est évidemment totalement absurde : mais toutes les thèses conspirationnistes le sont de la même manière, pas seulement dans leur désignation d'ennemis imaginaires qui sont parfois carrément des extraterrestres ou des immortels à la Highlander, mais dans le comportement imputé à ces ennemis imaginaires. L'exemple le plus monstrueux mais aussi le plus probant est celui du complot sioniste élaboré dès le 19ème siècle et qui aurait trouvé son aboutissement avec la création de l'Etat d'Israel, après que les « sionistes » aient objectivement soutenu le nazisme pour se faire passer pour des martyres. Prenons un instant pour argent comptant ce que pensent les fascistes des Juifs : des hommes très intelligents connectés entre eux comme aucun autre peuple ne l'est, ayant à leur disposition des moyens qu'aucun autre peuple n'a, l'argent et le contrôle des hommes politiques partout dans le monde depuis deux millénaires.

 

Avec toute cette puissance, toutes ces possibilités, ce peuple ne trouve pas d'autre méthode pour obtenir un bout de terre somme toute assez petit que de mettre au pouvoir les nazis dont même les négationnistes s'accordent à dire qu'ils ont persécuté les Juifs et leur confisqué leurs biens matériels ? Ce peuple , contrairement à toutes les autres nationalités qui ont émergé au 19ème siècle et exigé un Etat, n'a pas d'autre solution que provoquer son propre massacre pour obtenir ensuite réparation ?

 

Et pourtant ça marche. Et pourtant, démonter point par point ces théories absurdes n'a absolument aucun effet sur celui qui est entré de plein pied dans la logique conspirationniste.

 

Nous ne parlons pas ici de ceux qui la propagent pour leurs propres intérêts politiques et n'y croient pas eux-mêmes un seul instant. Mais de tous ces gens qui n'en ont visiblement aucun, et pourtant deviennent un jour des convaincus définitifs que plus rien n'ébranlera.

 

Ces dernières années, nombreux sont ceux, à gauche et à l'extrême-gauche qui ont vu des camarades sombrer et changer irrémédiablement, pour finalement se retrouver côte à côte avec des militants clairement membres de cette extrême-droite qu'ils avaient affirmé combattre depuis des années.

 

Nombreux sont ceux qui font aujourd'hui cette amère expérience après avoir écrit un article qui pointe objectivement l'appartenance de tel ou tel mouvement conspirationniste à la sphère fasciste, qui recense toutes les preuves montrant que tel militant fréquente des néo-nazis ou des membres du Front National. La démonstration n'a jamais l'effet attendu : l'ex-camarade devenu conspirationniste n'est pas horrifié par ces révélations, il ne subit aucun choc particulier, il ne se remet en cause sur rien. Au contraire, c'est généralement à ce moment-là qu'il rompt définitivement les liens avec son ancien camp et décide que l'ennemi est désormais l'antifasciste. C'est à ce moment qu'il assume totalement d'être ce qu'il est devenu depuis longtemps, un militant du fascisme.

 

Lorsqu'en 1941, la Shoah par balles commence en Pologne et se poursuit tout au long de l'avancée allemande en Russie, les Einsatzgruppen, composés de nazis convaincus et formés ne seront pas les seuls exécutants des massacres de masse, pas les seuls à tuer dans la même journée , un par un, tous les habitants d'un village, les hommes, les femmes, les bébés et les vieillards.

 

En renfort, des réservistes qui jusqu'ici n'ont même pas participé à la guerre en tant que telle, sont envoyés sur le front de l'Est : ces hommes, pour beaucoup, ont la quarantaine et n'ont donc pas éduqués dès leur plus jeune âge par l’appareil d’Etat nazi, beaucoup d'entre eux ne sont pas membres ou alors membres très récents du NSDAP.  Pourtant quelques semaines après leur arrivée, tous sans exception participeront physiquement aux tueries de masse, alors même que le choix leur est laissé de ne pas le faire.

 

Les officiers de l'encadrement nazi, avant les massacres prennent soin de leur expliquer la « raison » de ces massacres de civils : les Juifs ont provoqué collectivement la guerre, les Juifs sont prêts à tout  pour éradiquer les aryens, les enfants sont des fanatiques encore plus dangereux que leurs parents, car le soldat allemand s'en méfiera moins et se laissera tuer par surprise.

Les recherches sur cette partie de l'extermination n'ont eu lieu que dans les années 90 , et elles ont provoqué un immense débat en Allemagne et ailleurs : notamment parce qu'elles mettaient en lumière une réalité difficilement supportable : le nazisme et sa dimension exterminatrice n'était pas seulement incarnée par des fanatiques. A un moment quelque chose s'était produit dans la conscience collective, quelque chose qui allait amener des gens ordinaires à tuer massivement, eux qui n'avaient jamais tué, et pas dans le cadre d'une guerre face à des hommes armés, mais dans le cadre de massacres commis sur des civils sans défense. Pas lors de bombardements qui éloignent la vision de la mort, mais lors de journées entières passées dans sa réalité concrète, le sang et les hurlements d'une victime après l'autre.

 

Entre la croyance et le besoin absolu de faire comme si l'on croyait, la frontière est parfois très floue. Lorsque le bénéfice qu'on croit retirer de l'appartenance à un groupe donné nous paraît essentiel, et que cette appartenance est conditionnée à l'adhésion à certains principes, à certains comportements qui en eux même sont visiblement barbares, l'existence d'une justification devient impérative.

 

La grotesque théorie du complot qui aurait impliqué même les enfants Juifs était cependant la seule qui permette, même de manière démente de justifier leur assassinat. Et refuser de tuer ces enfants, c'était pour le réserviste allemand s'exclure de la communauté nationale, et pas idéologiquement, mais immédiatement, se retrouver brusquement séparé de son unité en temps de guerre, dans un pays étranger, rapatrié ensuite mais de manière humiliante.

 

Dans ce contexte, la question de l'absurdité de la théorie elle-même n'avait évidemment pas la moindre importance, au regard de ce qu'elle apportait en étant partagée publiquement par les hommes d'une même unité : en scellant la déshumanisation totale des victimes, réduites aux parties d'un tout défini comme le mal absolu, elle évitait toute remise en cause aux bourreaux, concernant leur propre humanité et la portée de leurs actes.

 

Nous ne sommes pas en 1941, et les adeptes du conspirationnisme ne sont nullement confrontés au choix et à la situation des allemands réservistes face à l'extermination des juifs.

 

Pourtant, en Norvège, un jeune homme parfaitement ordinaire, qui avait grandi dans une société pacifiée où la violence physique n'est pas quotidienne, a lui aussi pu tuer l'un après l'autre pendant presque une heure, des dizaines de personnes, une par une, dont de nombreux adolescents, soutenu par une logique similaire à celle de ces réservistes allemands, une logique qui organisait le monde autour d'une nouvelle morale, excluant de fait une partie de l'humanité, une logique qui décrétait une guerre en cours et désignait l'ennemi en ces adolescents, un ennemi bien pire en maillot de bain qu'en uniforme, justement parce qu'il n'est pas ce qu'il paraît être.

 

Cette phrase là est le soutènement de toutes les théories du complot, et elle vise ouvertement l' « ennemi », mais ce n'est pas sa seule signification. La deshumanisation de l'autre n'est pas sa seule fonction.

 

double-malefique.jpg Revenons à Alain Soral. Si la théorie du complot « sioniste » est fausse, alors la biographie du monsieur est bien creuse : chroniqueur de « tendances » dans les années 80 et 90 , acteur occasionnel, capable de regrouper ses chroniques sur la mode ou les femmes en un bouquin en y ajoutant quelques transitions vaseuses, réalisateur d'un unique film sur la drague unanimement considéré comme raté, invité très secondaire des talk-shows comme faire valoir de sa sœur plus connue, ou pour meubler un peu le vide entre deux stars chez Ardisson, Alain Soral comme tant d'autres intermittents de la télé a raté le virage des années 2000. Les candidats à la médiocrité médiatique sont nombreux, la concurrence est rude.

 

Mais Alain Soral, contrairement à tous ces autres types tombés dans l'oubli, n'a pas été victime de la logique médiatique du bouffon jetable et interchangeable, une logique qui ne vient pas de tel ou tel patron de télé, mais du fonctionnement même des entreprises télévisuelles. Alain Soral est une victime du « complot sioniste » et cela change tout.  

Ou plutôt il le dit et ça change tout.

 

Peu importe que Patrice Drevet ou Laurent Petit Guillaume n'aient pas fait de sorties antisémites et aient également été écartés du petit écran, peu importe qu'Alain Soral ait planté sa carrière bien avant ses sorties antisémites.

 

La logique conspirationniste réécrit tout, et notamment le passé, elle révèle le sens caché des vies qui sans elle, trouvent des explications moins glorieuses.

 

Dans Mein Kampf, le Juif tout puissant et animé d'un dessein maléfique fait des pérégrinations misérables et banales du jeune Adolf Hitler, de son ratage politique et de son coup d'Etat avorté semblable à mille autres, une épopée fantastique et courageuse face à l'ennemi.

 

Le même Juif fait de l'ascension ratée du petit bourgeois en crise Alain Soral la même chose, car le Juif est celui qui a repéré ce que personne d'autre n'avait vu, un homme exceptionnel chez ce chroniqueur opportuniste et vide. Les « sionistes » qui sont « derrière chaque divorce » avaient déjà vu que les sorties de Soral sur ces salopes de bonnes femmes qui aiment les durs, n'étaient pas ce qu'elles paraissaient être, de la vulgarité banale, mais une remise en cause de l'Empire du Juif, qui flatte les femmes pour mieux castrer leurs hommes.

 

Si l'on associe souvent fascisme et crise capitaliste, peut-être reste-t-on trop dans l'économisme, dans le constat des difficultés quotidiennes de la majorité de la population, qui les amène à choisir le camp fasciste. Mais il faut comprendre qu'un licenciement n'est pas juste la perte d'un salaire, que l'impossibilité de construire une carrière, d'acheter une maison à crédit ou autre, n'est pas seulement une frustration matérielle, qu'elle entraîne une crise du sens de la vie, tout simplement.

 

De même au sein du mouvement ouvrier organisé et de la gauche progressiste qui regroupe aussi des membres de la couche moyenne, la crise se matérialise par une offensive bourgeoise qui ne détruit pas seulement les droits sociaux acquis lors de périodes antérieures du combat de classe. La bourgeoisie s'attaque frontalement au mouvement, qui pour une grande part avait pris l'habitude d'une certaine reconnaissance sociale de sa part, notamment dans ses couches supérieures.

 

Le militant syndicaliste, habitué à être écouté à défaut d'être entendu n'est plus rien, le militant droit de l'hommiste ou réformiste , qui était considéré comme « représentant » d'une partie de la société est raillé et décrédibilisé comme ringard , décalé et inutile face aux « nouveaux enjeux de société ».

 

La crise capitaliste est aussi ce moment où la bourgeoisie décide qu'accorder aux prolétaires l'illusion d'être des individus maîtres de leur destin est quelque chose qui coûte trop cher. Ce moment où chacun est ramené à la réalité brutale des rapports sociaux qui permettent la perpétuation du système, ou l'égalité entre les hommes est au mieux une fiction fragile.

 

La conscience de classe qui en découle est d'abord une conscience négative, par conséquent, elle n'amène pas automatiquement la naissance d'une démarche de révolte positive.

 

Il n'y pas de fierté prolétaire en soi, et lorsque la bourgeoisie nous ramène brutalement à la réalité de la condition d'exploité, le premier réflexe est certes la haine de l'exploiteur, mais aussi la haine de soi, mais aussi l'envie d'appartenir à la classe qui a un statut social enviable.

 

La joie du combat avec les autres exploités, le sentiment merveilleux d'estime de soi et des autres qui naît dans la lutte ou l'on apprend la solidarité, ou la construction collective fait éclore de nouvelles structures sociales fondées sur des valeurs positives est quelque chose qui doit être éprouvé pour devenir réel à nos yeux.

 

Mais cela nécessite un premier pas, celui de l'entrée en lutte et des conditions extérieures, la proximité d'une lutte. Entrer en lutte, c'est toujours mettre en jeu le peu qu'on a à perdre, une stabilité de plus en plus illusoire et temporaire de la vie quotidienne.

 

Pour toutes ces raisons, une partie des prolétaires ne franchit pas le pas, et reste bloquée au stade de la haine, haine du système perçu comme injuste, mais aussi haine de soi, et sentiment d'avoir raté sa vie.

 

Une autre partie se retrouve dans les structures du mouvement social, de la gauche ou de l'extrême gauche constituée : mais celle-ci, dans la période de crise du capitalisme actuel se retrouve dans un état de faiblesse extrême. Sa structure et sa logique correspondent à une période antérieure de la lutte des classes, celle où la bourgeoisie accordait encore une grande importance au maintien d'une certaine paix sociale, et en conséquence accordait certaines concessions aux « représentants » souvent auto-proclamés du mouvement ouvrier. Ce modèle n'existe plus, mais la gauche fait comme si et subit donc défaite sur défaite. L'ambiance dans ces structures est donc tout aussi déprimante que celle de la société en général.

 

Face à l'impuissance, la théorie conspirationniste offre le fantasme de la puissance : quelles que soient ses variantes, elle offre l'apparence de la révolte réussie, sans pour autant nécessiter une remise en cause de soi.

 

shadokToutes les théories du complot offrent sur un plateau, à la fois un ennemi surpuissant et vague qui permettra de justifier tous les échecs, et dans le même temps des « représentants » de l'ennemi facilement attaquables parce qu'ils appartiennent à des minorités déjà dominées dans le système capitaliste.

 

Dans l'univers de la conspiration, le camp du Bien est constitué de tous ceux qui dénoncent l'Enne mi, et le dénoncer suffit à être exempté de toute interrogation sur son propre camp. Tout ce qui est « mal » en ce monde vient de l'Ennemi, pas de nos propres actes, et au-delà, le Mal ne peut exister en dehors de l'Ennemi. Ce qui n'est pas l'Ennemi, est le Bien, et c'est tout.

 

On le voit très bien dans les théories du complot « sioniste » ou  « islamiste ».

 

Dans les deux cas, l'adhésion au conspirationnisme va toujours de pair avec le rapprochement concret avec diverses émanations du fascisme organisé ou de l'intégrisme religieux.

 

Le complot « Juif » ou « sioniste » est le sas presque obligatoire pour celui qui va se ranger aux côtés des dictatures de l'islam politique ou des régimes populistes sud-américains. Grâce à la théorie du complot « sioniste», tout énoncé des faits sur les atrocités commises par ces régimes devient soit un mensonge, soit une manœuvre destinée à salir le camp des Résistants. Et si l'adepte du conspirationnisme veut bien admettre que ces régimes ne soient pas tous « blancs », il le justifiera toujours par le fait que l'Ennemi sioniste ou Juif a créé la situation de guerre initiale qui amène ces quelques « excès ».

 

De même le complot « islamique » va permettre au locuteur qui l'énonce de pouvoir tenir exactement le même discours raciste qu'un fasciste classique et de collaborer avec ces fascistes assumés, mais toujours au nom de la lutte contre ce Mal absolu que personne ne voit et qui justifie tout.

 

Le fascisme est la structure politique qui correspond à la forme la plus brutale du capitalisme, le conspirationnisme est le mécanisme par lequel une partie du prolétariat va être amené à soutenir cette structure politique.

 

Le conspirationnisme est la forme la plus aboutie de ce que certains appellent l'anticapitalisme romantique.

 

Dans le cadre de la théorie conspirationniste, l'oppression des minorités, matérialisée par la violence quotidienne, physique et verbale contre ces minorités devient un acte de révolte et de résistance contre le « système ». Par un renversement du sens absolu, la guerre de tous contre tous, pilier du capitalisme remplace la solidarité universaliste, fondement du véritable mouvement ouvrier.

 

Dans le cadre de la théorie conspirationniste, le prolétaire qui s'en prend à d'autres prolétaires, ceux-là même qu'on lui désigne, ceux-là même qui sont déjà les boucs émissaires des politiques, n'est plus un lâche et un barbare, il est celui qui a tout compris et s'attaque à l'ennemi « véritable ».

 

Dans le cadre de la théorie conspirationniste, celui qui se range du côté des forts et de la bourgeoisie, devient celui qui fait acte de courage devant l'Ennemi.

 

Pour toutes ces raisons, faire une différence théorique et pratique entre les fascistes et les « conspis », néologisme apparu récemment à l'extrême-gauche , ce n'est pas faire autre chose que souscrire en partie à la théorie conspirationniste, et admettre que les choses ne sont pas ce qu'elles paraissent, et que certains fascistes ne sont pas « vraiment » des fascistes.

 

Il n'y a aucune différence entre celui qui s'attaque à une femme voilée parce qu'il pense que c'est une sale Bougnoule et celui qui s'y attaque en prétendant le faire parce qu'elle serait membre d'une confrérie d'innombrables venue sciemment attaquer l'Occident.

 

Il n'y a aucune différence entre le nazi qui justifie les chambres à gaz et l'extermination du passé, et  l'apprenti négationniste qui met en doute certains « détails » de l'histoire et la bonne foi des victimes, pour justifier les persécutions antisémites du présent.

 

ceci est une pipeL'antifascisme ne peut consister seulement à démontrer les proximités entre les fascistes et les conspirationnistes, car ce discours seul ne fait que légitimer la théorie conspirationniste, en faisant comme si elle n'était pas à proprement parler une théorie fasciste.

 

Le conspirationnisme n'est pas une passerelle vers le fascisme, et ceux qui défendent ces théories ne sont pas à la croisée des chemins entre la révolution sociale et le ralliement au fascisme, ils sont déjà arrivés au bout de la route, ils sont des fascistes comme les autres.

 

Andreas Breivik n'a pas tué des dizaines de personnes, parce qu'il aurait été convaincu par son propre manifeste.

 

Andreas Breivik a écrit ce manifeste parce qu'il était déjà certain de vouloir tuer des dizaines de personnes, et qu'il avait besoin d'une théorie qui justifie la barbarie et la lâcheté.

 

 


Par Luftmenschen
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Samedi 25 juin 2011 6 25 /06 /Juin /2011 17:20

Insécurité bellevilleCe dimanche, Place de la République, l'uniformité se situait du côté de la police : gardes mobiles, CRS et des dizaines de civils unis pour gérer une bien étrange et involontaire cohabitation.

La Place de la République, c'est d'abord ses tentes Queshua, alignées sur les pelouses, qui depuis longtemps ne ramènent plus l'intérêt médiatique qu'elle suscitaient du temps des Don Quichotte. Campements évacués et régulièrement réinvestis par des pauvres de partout.

D'autres « campeurs », volontaires,  ont un peu plus l'attention des journalistes : les « Indignés » qui sont quelques centaines ce dimanche à République, et ont annoncé leur intention de s'installer quelque part.


C'est quoi objectivement un « Indigné » ? Difficile de se faire une idée en regardant ce cortège aux slogans décalés, qui exige la démocratie « réelle » ( sommes nous en démocratie « irréelle ? » ) et scande le slogan de la République française «  Liberté, Egalité, Fraternité », des fleurs à la main. Le tout, de l’extérieur, avec ses pancartes qui parlent du « peuple » et des « citoyens » ressemble à un étrange mixage entre le défilé d'un mouvement de jeunesse chevènementiste et un carnaval de quartier néo-hippie. Certains des jeunes "Indignés"  échangent leurs tracts avec d'autres militants, qui ont aussi choisi "Liberté, Egalité, Fraternité" comme devise. Mais ceux-là y ont ajouté "Sécurité". Il s'agit d'associations chinoises qui entendent réagir par une manifestation de masse à l'agression qui a plongé le fils d'un restaurateur de Belleville dans le coma.


Cette manifestation-là regroupe des milliers de personnes. Au début, avec notre regard extérieur on ne voit que des « Chinois ». Il faut bien le dire, la communauté chinoise dans la culture française commune est un ensemble indistinct, et nous avons l'habitude de penser qu'elle est tellement différente de nous qu'on ne peut rien y comprendre du tout.


Pourtant, il n'est pas très difficile de repérer la diversité sociale qui existe dans ce rassemblement : il rassemble beaucoup de familles avec leurs enfants , mais aussi des groupes de jeunes fashion victim et d'autres plus proches, vestimentairement parlant, des jeunes des quartiers populaires parisiens abonnés aux marques sportives. Au milieu de ces milliers de gens, le staff organisateur se repère très vite : d'abord par son service d'ordre. La précédente manifestation organisée l'année dernière a fini en émeute, et a priori les organisateurs ne veulent pas que ça se reproduise, le SO est donc partout .D'autres sont chargés de distribuer des macarons par milliers à coller sur les vêtements, et d'autres encore distribuent des visières à fleurs, bleues pour les garçons, roses pour les filles.


Plus tard un stock de petits drapeaux français fera son apparition. Au moins trois camions, plusieurs sono, pas mal de mégaphones...et quatre ou cinq slogans uniques, «  Liberté, égalité, fraternité sécurité » étant le plus scandé...

- Alors est-ce une manifestation « fasciste », « sécuritaire », « réactionnaire », et est-ce seulement cela ? ?

 
- Les « Chinois » sont-ils manipulés, par les leurs ou par des « Français » ?

Les fascistes pour commencer. De l'extérieur, beaucoup de choses laissent penser que l'extrême-droite française est partie prenante de cette affaire, notamment parce qu'en dehors des associations chinoises, les seuls à avoir repris officiellement l'appel sont le site Fdesouche et ses satellites qui avaient déjà fait la même chose l'année dernière.
 Mais les apparences sont trompeuses. Lorsqu'on lit les centaines de commentaires postés à la suite de l'article d'appel à la manifestation, on voit qu'UN seul commentateur insiste d'abord pour
que les militants et sympathisants se joignent à cette manif. Il prétend connaître du monde, mais rien dans ses propos ne le confirme.
Finalement, ce sont tout au plus une dizaine de fascistes directement affiliés à l'extrême-droite de diverses tendances qui seront présents et visibles au rassemblement, et cette observation est confirmée par leurs commentaires amers postés sur le site après la manifestation.
Sur place, ils ne connaissent personne, hormis leurs potes et se rassemblent entre eux, la plupart jeunes, siglés Lonsdale ou « Nationaliste autonomes lorrains ».


De plus, même à terme, la jonction entre l'extrême droite organisée française et ces mobilisations aura bien du mal à se faire : il suffit pour s'en convaincre de lire le torrent de boue raciste déversé par une partie des commentateurs de fdesouche contre les « Jaunes encore plus malins que les muzz parce qu'ils endorment tout le monde avec leur drapeau français ». Et de lire la prose de l'autre partie et sa condescendance infinie envers ces petits Chinois qui travaillent dur sans rien demander. -- La palme revenant à un des participants à la manifestation qui se vante d'avoir profité de la force du nombre pour s'en prendre à un gamin de douze ans d'origine maghrébine. (1).

- Alors qui organise cette manifestation ?

Il n'est pas forcément utile d'aller chercher d'exotiques clichés sur la « communauté impénétrable » et ses étranges réseaux semi-mafieux, semi-traditions millénaires incompréhensibles.


En fait la lecture des articles de journaux consacrés à cette manifestation comme à celle de l'année dernière donnent une clef beaucoup plus couleur locale : celle d'une bataille pour la représentativité au niveau de l'Etat et de la Mairie, des financements et des collaborations éventuelles qui vont avec.
Qu'il s'agisse de HUIJI ou de l'Association Chinoise pour le Progrès des Citoyens, plus en pointe cette année dans la représentation médiatique de la manif, puisqu'HuiJi a eu de gros problèmes financiers ( voir plus bas ) ,on est assez étonné, en visitant leurs sites, ou en regardant leur objectif initial : rien de visiblement sécuritaire, mais de l' « accompagnement administratif », de l' « activité sociale et culturelle », de la « médiation » , de l' « intégration ».

Toutes choses qui permettaient encore, il y a quelques années d'avoir pignon sur rue, des locaux, des salariés, des subventions, et d'être considéré comme l'interlocuteur représentatif de la mairie et de la Préfecture.
Mais il y a eu un tournant, à la fois national, après 2007, et local lorsque la deuxième mandature de Delanoë a commencé. Précédemment, à Paris notamment, la privatisation du social a entraîné le développement d'un secteur privé associatif dans lequel il était possible d'évoluer économiquement de manière très positive, dès lors qu'on se targuait de représenter au choix une « communauté » ou une catégorie particulière d' « exclus » voire même les deux. L'accès aux droits, à la santé quotidienne, à l'hébergement, au savoir (cours du soir et alphabétisation notamment ) , mais aussi aux activités culturelles et sportives sont passés d'une gestion plutôt municipale et départementale à une délégation au privé sous couvert de « participation ». Ces délégations de compétences représentent encore aujourd'hui des sommes énormes du budget parisien et ont donc amené le développement d'un secteur associatif para-public très important.


A Paris, la volonté initiale de Delanôe était aussi de maîtriser les luttes sociales, notamment celles issues de l'immigration, et leur importance et leur force nécessitaient un solide soutien financier et
matériel à une bureaucratie capable de les diriger efficacement et d'empêcher toute attaque de la politique de la mairie.


Mais depuis, la donne a changé : la répression brutale plutôt que la pacification sociale a été totalement assumée au niveau national, et la privatisation associative du social et du culturel à destination des classes populaires parisiennes s'est révélé n'être que le préalable à la destruction totale du secteur. Les financements se sont asséchés parfois très brutalement. Seuls ceux qui acceptaient notamment la dynamique raciste et anti-pauvres mise en place, et y contribuaient, avaient des chances d'obtenir un répit : raison pour laquelle par exemple , l'association HUINJI se retrouve participante aux débats sur l' « identité nationale » organisés à la Préfecture et obtient  une habilitation pour une « enquête-médiation » sur l'insécurité en 2009.
A cet assèchement étatique des financements, s'ajoute le nettoyage effectué par le Département et la Mairie. Ces dernières années, et malgré une communication très « sociale », Delanöe et ses élus ont fait le ménage : désormais quelques réseaux associatifs, les plus professionnalisés, qui ont avalé pas mal de structures plus petites, sont privilégiés au détriment d'initiatives plus localisées et moins aisément contrôlables, notamment parce qu'elles sont parfois encore traversées par un vrai investissement des habitants des quartiers.


C'est à partir de cette politique que des structures comme Aurore ont pu investir tous les champs du social tandis que d'autres se retrouvaient contraintes de mettre la clé sous la porte ou ….de chercher d'autres alliances ou d'autres rôles sociaux qui puissent leur apporter reconnaissance et financement.


HUIJI est ainsi mise en redressement judiciaire en 2010. Le discours de cette association sur les manifestations, au départ issue de la lutte des sans-papiers illustre bien la contradiction inhérente à ces structures : en 2010, elle n''est pas organisatrice officielle de la manifestation, mais publie cependant un long communiqué où de fait , elle appelle tout le monde à s'y joindre.

 

Si le « social » n'a plus les faveurs des pouvoirs publics, la caution sécuritaire peut être un rôle extrêmement lucratif et reconnu. A condition qu'on accepte aussi de changer le « public-cible » qu'on est censé représenter.

C'est finalement ce dont témoigne l'évolution des associations chinoises, et de la manière pour elles d'être reconnues comme réprésentatives : elles ont à nouveau retrouvé l'oreille de la mairie et de la Préfecture. Une réunion a bien eu lieu avec la police et l'adjoint à la Vie associative de la Ville de Paris, celui qui tient les cordons de la bourse à subventions : mais c'est à propos de la sécurité et dans un des restaurants les plus prospères du quartier que la réunion a lieu le 15 juin.
Pour autant, il ne s'agit pas de dire que ce conglomérat de patrons et de commerçants, d'associations en recherche de représentativité et de subventions, et d'élus socialistes qui cavalent derrière la droite et l'extrême droite a inventé l' « insécurité ».


La vie des prolétaires de l'Est Parisien est difficile, souvent dangereuse et violente : la destruction des droits sociaux l'a aggravée.


La proportion de gens qui n'ont plus aucun filet de sécurité sociale s'accroît : sans salaire, sans minima sociaux de plus en plus souvent, sans soin, souvent sans toit, et réduits à une survie qui passe souvent par la prédation envers ceux qui sont dans la même situation. L'insécurité, c'est effectivement cette guerre permanente des pauvres contre les pauvres.
Mais ce sont aussi les incendies meurtriers, la gale ou la tuberculose qui réapparaissent faute d'accès aux soins et à la prévention.
C'est l'exploitation effrénée et sans entraves permise par la destruction des droits sociaux et la chasse aux pauvres. Ainsi, la disparition des titres de séjour de dix ans et les « régularisations par le travail » ouvrent de nombreux horizons aux patrons : chinois ou pas, pas mal de salariés en sont réduits à accepter des salaires et des conditions de travail avec contrat qui sont pires que celles qu'ils avaient en étant sans-papiers. Parceque le contrat lui-même est désormais considéré par le patron comme une partie de ce salaire, parce qu'il conditionne le renouvellement du titre de séjour.
C'est aussi le racisme, l'antisémitisme, le sexisme distillés par le pouvoir et qui ont contaminé les exploités.

Dans le discours des gens interrogés dans la manifestation et celle de l'année dernière, ce racisme est dénoncé : et effectivement, on est tous un peu remis à notre place par ces chinois qui disent tout haut ce qu'on dit d'eux souvent, aussi tout haut, pour « rigoler » : les petites fourmis et
leur communauté fermée, bien gentils et plein de fric, mais qui tout de même envahissent « nos » quartiers à la vitesse grand V.


Il y a donc bien une « insécurité » vécue par les prolétaires d'origine chinoise, d'ailleurs sinon, ces manifestations ne seraient pas aussi massives, sauf si l'on souscrit à la thèse raciste encore, selon laquelle les Chinois agiraient comme un seul homme sur l'ordre de leurs « chefs ».
La preuve que cette thèse est fausse réside dans la contradiction présente à l'intérieur même de ce mouvement : sur le groupe Facebook, certains commentateurs insistent sur le fait qu'il ne faut pas qu'il y ait des revendications sur les papiers et la régularisation comme cela a été le cas l'année précédente. Pourtant il y aura bien une banderole sans papiers sur le terre-plein de la République ce jour-là, et elle évoque la caravane partie de Nice qui regroupait des gens indistinctement de leurs origines pour la régularisation de tous....qui n'est évidemment pas dans l'intérêt des patrons, des commerçants et des élus qui organisent la manifestation. Et même dans les médias, après la manifestation, la question sera évoquée.

Pourtant, cette manifestation a bien été globalement une marche sécuritaire et diviseuse : à demi-mots ce sont bien les Arabes et les Noirs de Belleville qui sont visés, même si consigne a été donnée de ne pas les nommer ainsi.
Cela ne procède pas d'une quelconque manipulation de l' « extrême-droite » : mais essentiellement de la politique menée dont nous avons parlé plus haut, et qui allie chasse aux pauvres et soutien à la petite bourgeoisie, et au communautarisme, qui constitue la condition du maintien de sa domination brutale.
C'est la raison pour laquelle, si les préjugés des autres prolétaires envers les Chinois sont dénoncés, les organisateurs de la manifestation font l'impasse sur la source de ces préjugés : ce ne sont pas les autres habitants de Belleville qui fabriquent les reportages sur la « communauté » riche, mystérieuse et tentaculaire qui fait main basse sur les quartiers, mais les chaînes de télé qui en ont fait un marronnier.
Ce ne sont pas les parisiens pauvres qui ont lancé les hostilités contre la « présence chinoise », mais la Marie de Paris elle-même qui depuis des années montrent du doigt son implantation dans le 11ème arrondissement, et organise même officiellement des rachats de boutiques pour mettre des « commerces bien de chez nous » à la place.
S'il y a bien des vies brisées à cause des agressions, objectivement, leur nombre est très inférieur à celui des vies brisées à cause des rafles dans la rue, sur les lieux de travail par cette même Préfecture qui prétend s'intéresser à l' « insécurité » vécue par les mêmes personnes.
Et quant au vol, celui des portables et des sacs est anecdotique comparé à celui de la force de travail, dans le textile, dans les restaurants, par ces mêmes représentants de la communauté, dont les associations vendent ensuite la « spécificité » de l'immigration chinoise, son « dynamisme économique ».
Tout cela une partie des prolétaires d'origine chinoise le sait : dans les luttes de sans-papiers, dans les mobilisations de parents contre les fermetures de classe, dans les luttes d'entreprise, ils sont là
comme les autres.
Raison pour laquelle ces manifestations pour désolantes et inquiétantes qu'elles soient ne sont pas le signe que la guerre des « communautés » est forcément l'avenir de Belleville et des quartiers populaires.
L'extrême-droite n'a pas encore gagné : mais si dans les mobilisations de classe, nous ne faisons pas le cordon sanitaire avec la gauche plurielle qui désormais n'hésite même plus à encourager les
mobilisations sécuritaires, si nous ne dénonçons pas toutes ces associations devenues l'appendice de la mairie et des petites bourgeoisies locales, il ne faudra pas nous plaindre si la division progresse.

 

 


 

( 1): voici le commentaire en question, assez typique de la mentalité prévalant chez les lecteurs de Fdesouche, entre lâcheté et haine pogromiste qui n'épargne surtout pas les enfants

 

@legrandsommeil

on devait etre 8000-10 000. ma cousine qui etait aller a un concert la sem. derniere l’impression que c’etait beaucoups beaucoups moins nombreux et ils etaient 6000

la manif s’est bien deroulé, avec beaucoups de retard mais les personnes arrivaient beaucoups au compte goutte (meme vers 14h30 alors que la manif etait prevu a 13h)

malheureusement il n’y avait que des asiatiques. a vrai dire que des chinois et non asiatique.

beaucoups de drapeau francais sur le corps ou un petit drapeau dans la main , je dirai bien un 85% des personnes en avait un

seul un petit groupe de cpf (3fois rien… juste 4 petit garcons de 10 a 14ans) venu pousser des cris racistes devant la gueule des cars qui etaient dans la foule, sans vouloir me vanter… j’en ai pris un sur le coté et je l’ai brusquer (pas de quoi etre fier il avait 12-14ans)

pas d’incident.

Par Luftmenschen
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Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 11:13

  houria-bouteldja-copie-1.jpg Les groupes anti-avortement dans leur propagande destinée au grand public mettent en avant la question du statut du fœtus, qu’ils assimilent à un être vivant, pour justifier leur combat contre un droit essentiel pour toutes les femmes, qu’elles en fassent ou non usage dans leur vie.


Ce mensonge sur le fœtus leur permet de contrecarrer l’attachement très fort des femmes à la liberté de disposer de leur propre corps : la plupart des mouvements contre l’avortement ne veulent pas se montrer comme des ennemis de la liberté , et la présentation de l’IVG comme le meurtre d’un autre être vivant leur permet de justifier idéologiquement l’interdiction éventuelle de l’avortement. Les femmes ne sont pas des objets, "d’accord" , dira le militant d’extrême-droite "mais le fœtus non plus".


En réalité, un des fondements idéologiques et pratique de l’opposition à l’avortement est tout autre : ses partisans en France, sont tous également des idéologues racistes pour qui le monde est divisé en « civilisations » ou en « races », engagées dans une guerre à mort. Dans cette guerre, la question démographique est essentielle à leurs yeux. La femme est l’outil nécessaire de la reproduction et son corps ne peut lui appartenir, il appartient au « peuple », ou à la « communauté » .


La plupart des militants d’extrême droite qui se battent contre l’IVG ont naturellement suffisamment de culture scientifique pour savoir que le fœtus n’est pas un être humain.


Mais ils savent que le mouvement de libération des femmes a créé partout la prise de conscience, l’autonomie, et que la domination patriarcale a marqué le pas : des femmes aujourd’hui, partout dans le monde, ne se vivent plus comme redevables de quoi que ce soit à ceux qui les oppressent, et ne se sentent plus le devoir d’être de simples machines à produire les futurs soldats.


D'un coté, les fascistes ne mettent donc pas nécéssairement en avant la sauvegarde de la "civilisation blanche" ou "européenne" dans leur liste d’arguments contre l’avortement.

De l'autre, la plupart d’entre eux ont aussi une propagande raciste ouverte, et n’hésitent pas à présenter les femmes des peuples considérés comme inférieurs comme uniquement préoccupées de "pondre des mômes" pour que "leurs hommes" gagnent la guerre par la seule force du nombre.


Rien de neuf sous le soleil du racisme occidental. Mais l’intégration d’une partie des personnes issues de l’immigration dans la petite-bourgeoisie dominante a eu lieu depuis quelques années déjà, cette conception essentialiste de la « femme orientale », de la poule pondeuse et heureuse de l’être a trouvé de nouveaux défenseurs inattendus, issus de la gauche, et qui ont la particularité de se réclamer anti-colonialistes et féministes.

 

Et notamment les Indigènes de la République, et leur porte parole Houria Bouteldja.

 

Houria Bouteldja s’est toujours définie comme féministe : cependant, on aura bien du mal à trouver dans ses discours et ses interventions publiques ce que signifie positivement son féminisme. On trouvera des critiques, parfois justifiées, contre le féminisme bourgeois et ses dérives racistes, notamment à propos du port du voile. On trouvera aussi dans les collaborations des Indigènes avec Christine Delphy des développements sur ce qu’ils appellent les féministes « blanches ».

 

Mais Houria Bouteldja a récemment participé à un colloque sur le « féminisme islamique » en Espagne.

 

Dans son intervention, on cherchera en vain une définition du féminisme islamique ou du « féminisme décolonial » dont elle se revendique.

 

De fait ses propos dans le cadre de ce colloque sont clairs : pour elle, être féministe « décoloniale », c’est ne pas répondre à certaines questions. Car ce sont les questions qui posent problème…

Par exemple : se demander si le féminisme est compatible avec l’islam, c’est déjà être impérialiste et faire comme les journalistes « français », alors Houria Bouteldja ne se pose pas la question.

 

Intellectuelle de la petite bourgeoisie française, Houria Bouteldja ne peut en fait pas réaliser que les questions que l’on se pose ou pas sont liées à notre statut dans le réel : le féminisme n’est pas une posture idéologique qu’on choisit ou pas, mais une réponse à une oppression immédiate en premier lieu.

Grâce aux combats des femmes des siècles passés, Houria Bouteldja n’a pas à se poser la question : elle a accès à la contraception et à l’IVG , elle peut vivre sa vie et notamment voyager , assister à des colloques et y prendre la parole.

 

Ce n’est pas le cas de toutes les femmes sur toute la planète, évidemment.

Et toutes les femmes, sur toute la planète n’ont pas accès aux mêmes choix que Houria Boutelja : l’IVG par exemple est interdite et réprimée dans de nombreux pays. Et même dans ceux où elle est autorisée, y accéder est souvent une autre affaire, notamment en France, notamment pour les femmes prolétaires.

 

Etre féministe, ce n’est pas imposer l’usage de l’IVG aux femmes, ce n’est pas non plus ériger un modèle de comportement social en référence absolue. C’est simplement se battre pour que toutes les femmes puissent choisir.

C’est aussi poser une solidarité universelle avec toutes les femmes : non pas pour dire "toutes pareilles", mais pour faire en sorte que nous soyons tous égaux.

 

Or, dans ce colloque, Houria Bouteldja définit son « féminisme » de manière totalement inverse : selon elle, toutes les femmes de la planète ne vivent pas dans le « même espace-temps ». Et ne pas le reconnaître, c’est s’ingérer de manière impérialiste.

La porte-parole des Indigènes de la République donne donc un exemple de l’ingérence : celle de militantes « occidentales » en voyage en Palestine qui ont demandé à des femmes si elles avaient accès à l’IVG.

Cette question est selon Houria Bouteldja une ingérence parce que « Les palestiniennes ne comprenaient même pas qu’on puisse leur poser ce genre de questions tellement selon elles l’enjeu démographique en Palestine est important. Leur perspective est tout à fait autre. Pour beaucoup de femmes palestiniennes, faire des enfants est un acte de résistance face au nettoyage ethnique israélien. »

 

Les Indigènes de la République se sont fondés notamment sur l’idée que la parole des « néo-colonisés » en France était confisquée par les « élites blanches de la gauche » et qu’elle devait être reprise par les principaux concernés.

Mais on voit ici que ce n’est pas la confiscation de la parole aux concernées en général qui leur pose problème : dans un colloque féministe, Houria Bouteldja n’hésite pas à parler à la place d’autres femmes , "les" palestiniennes, en se fondant sur un récit qui lui a été faite par une non-palestinienne sur UNE discussion avec DES femmes palestiniennes.

 

Dans la tête de Bouteldja, il y a donc sur cette planète des femmes qui ont le droit de s’exprimer en leur propre nom et d’autres qui peuvent très bien être « représentées » par d’autres.

Il y a des femmes qui peuvent très bien se définir collectivement contre la société dans laquelle elles évoluent, qui peuvent remettre en cause l’ «espace-temps» qu’on leur impose, faire vivre une contre-culture collective et individuelle.

 

Houria Bouteldja prétend refuser l’intégration à la société occidentale dans laquelle elle vit et la soumission à ses normes oppressives, elle revendique le droit d’être une « Indigène de la République » et pas seulement une « française ».

Mais ce droit à l’auto-détermination , elle ne le reconnait pas à toutes les femmes : dans d’autres « espaces-temps », par exemple en Palestine, les femmes sont «les» Palestiniennes, et la résistance des femmes en Palestine, c’est….faire des enfants et répondre à l’enjeu démographique, point barre.

Soit très exactement ce que les dominants de la société où elles vivent leur demandent de faire. Soit très exactement ce que leur environnement sociologique immédiat leur impose par la propagande et aussi par la contrainte.

 

Il n’y pas un modèle fasciste qui n’impose l’oppression brutale, le patriarcat, et la négation de tout droit individuel sans s’appuyer sur la justification de la guerre. Cette guerre la plupart du temps n’est même pas une invention, car sous le règne du capitalisme, le monde entier est en guerre perpétuelle.

Pour autant, l’existence des guerres , des agressions contre une population ne justifient pas les agressions et la domination exercée par des membres de cette population contre d’autres membres de cette population.

 

En Palestine, les femmes qui résistaient activement à l’occupation israelienne ont été les premières victimes du Hamas : le mouvement féministe palestinien était dans les années 70 bien plus puissant et bien plus en pointe que dans de nombreux pays européens.

Le Hamas l’a attaqué et détruit physiquement, imposé la terreur et désigné les femmes qui lui résistaient comme des « collabos ».

 

Dans l’espace-temps d’Houria Bouteldja, ceci n’a jamais existé : il y a des pays où les femmes n’ont pas d’histoire. Dans le discours de Bouteldja, "les" palestiniennes sont un groupe homogène, a-historique où les individus ne sont qu’un objet au service d’un objectif  "global", la "Résistance" , comme les Indigènes de la République appellent le Hamas.

 

A tout observateur objectif, ce discours de la porte-parole des Indigènes de la République en rappelle un autre : celui du colonisateur « humaniste » des siècles passés, celui qui se fondait sur le mythe du Bon Sauvage. Pour contrecarrer les critiques et les combats des premiers anti colonialistes qui dénonçaient l’état de misère matérielle et morale dans laquelle vivait l’immense majorité des population des pays envahis, certains colonialistes expliquaient que les dites populations souhaitaient vivre de cette manière, dans « le respect de leurs traditions »…traditions qui n’incluaient naturellement pas l’accès à l’électricité ou au contrôle des naissances par exemple.


D’ailleurs le droit imposé par les coloniaux a le plus souvent été non seulement un droit répressif féroce, mais également la reconnaissance de certaines « coutumes », notamment en droit civil, donc en ce qui concerne la gestion des rapports sociaux au quotidien, ce qui incluait notamment le statut de la femme et des règles oppressives. Le tout au nom du respect des « sociétés indigènes ». Le plus souvent ce droit civil se référait à l’ordre religieux.

 

L’ethno-différentialisme n’est donc pas d’invention récente, et ce que dit Houria Bouteldja n’est pas particulièrement original.

C’est tout simplement la parole raciste et sexiste classique, la même que celle du Bloc Identitaire ou des groupes anti IVG.

 

Elle permet notamment d’exercer une contrainte supplémentaire sur les femmes qui cherchent à se battre et à se libérer : si intégrer la norme patriarcale est un acte de Résistance, alors à l’inverse, la combattre est une collaboration avec l’ennemi.

Objectivement, ceci est totalement faux : par exemple, le pouvoir israelien couvre les crimes d’honneur commis sur les territoires qu’il contrôle, arguant le plus souvent qu’il s’agit d’affaires que les arabes doivent régler entre eux. Les féministes palestiniennes pourchassées par le Hamas sont criminalisées comme n’importe quelles autres résistantes par la police et l’armée israelienne.

Mais le rôle international de groupes comme les Indigènes de la République est important, car il s’agit bien d’isoler de toute solidarité extérieure ces femmes qui se battent à la fois contre la domination du pouvoir israelien et contre le patriarcat.

 

  En propageant l’idée qu’il y aurait des "espaces temps" différents , on propage aussi l’idée que la libération antisexiste n’est pas à l’ordre du jour pour certaines femmes.

  Et pourquoi s’arrêter aux Palestiniennes ? Après tout, les "Indigènes", les femmes issues de l’immigration en France vivent-elles dans le même espace temps que les "blanches" ?

  Peuvent-elles se comprendre, toute discussion commune n’est-elle pas une ingérence d’un côté, une trahison de l’autre ?

 

Les Indigènes ont déjà commencé à présenter les choses de cette manière dans les luttes : certes, les dirigeantes comme Houria Bouteldja n’hésitent pas à s’allier avec les mouvements féministes post modernes les plus radicaux, et s’offrent le soutien d’intellectuelles comme Christine Delphy, mais pour mieux acter la séparation : il n’est pas question de revendications et d’approches communes, mais au contraire d’alliance au sommet, tandis qu’à la base, les unes défendront leur sexualité post genrée et les autres leur droit à porter le voile.

 

Chacun son pré-carré et les vaches à lait seront bien gardées.

 

Mais arabe ou pas, Houria Bouteldja est juste le produit de la classe moyenne de culture française, dont elle partage le statut social et le glissement global vers des valeurs réactionnaires, différentialistes et racistes.

Travailler avec les Indigènes de la République, pour une féministe, c’est la même chose que travailler avec n’importe quel groupe religieux ou politique opposé à l’avortement.

Par Luftmenschen
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Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 16:06

a l'enversAu mois d’avril 2010, l’affaire de Perpignan relatée d’abord dans les médias main stream a fait ensuite la une de tous les grands médias d’extrême droite.

Elle y complète avantageusement le cas Marie Neige Sardin, égérie de ces mêmes médias, libraire au Bourget qui affirme être la cible de multiples agressions « racistes «  de la part des « musulmans » selon elle tout puissants en Seine Saint Denis.

  Cette affaire de Perpignan a largement dépassé le cercle de la "fachosphère".

Ce qui nous importe ici, c’est de nous interroger sur la méthode justement, qui consiste à partir de ces faits divers , de ces histoires individuelles pour lancer le débat . Nous nous sommes donc intéressés aux protagonistes de cette affaire, les « victimes » qui ont eu droit à la reprise de leurs propos dans les médias capitalistes et dans les médias d’extrême droite, alors que les accusés, eux n’ont jamais été interrogés sur leur version des faits.

Nous avons choisi l’affaire de Perpignan parce qu’elle a suscité une unanimité d’interprétation sans précédent :  ce ne sont pas seulement l’AGRIF, l’association qui a inventé le terme de "racisme anti- blanc"  et pas seulement les médias d’extrême droite, mais aussi le MRAP qui a choisi de soutenir les « victimes » et de valider le concept de « racisme anti-blanc » pour la première fois de son histoire.

Il s’agit donc de l’affaire la plus «insoupçonnable » et la plus « insoupçonnée » de toutes celles qui ont été prises par l’extrême droite pour appuyer leurs thèses.

De celles dont on nous répétera sans fin qu’elles obligent les naifs antiracistes à ne « plus nier l’évidence ».

Au premier abord, c’est effectivement une affaire terrible et extrêmement simple : les « victimes » sont un jeune couple avec un bébé de huit mois, et les faits indéniables  dans leur violence.

Des jeunes se sont introduits en défonçant la porte au domicile du couple Marc Henri et Myriam Picard, et ont fait usage de violence.

Un mineur de quinze arrêté après les faits a été reconnu formellement reconnu par l'épouse, mais nie en bloc.

La version de la famille Picard est la suivante :

Les jeunes auraient fait trop de bruit avec leurs scooters. Le père aurait "poliment" selon ses dires intimé aux jeunes d'en faire moins. Les jeunes l'auraient insulté. Il aurait alors versé "un peu d'eau d'une cruche", sur ces jeunes et c'est ce qui aurait déclenché leur intrusion, et l’agression.

Concernant les injures à caractère raciste

Dans les premières dépêches relatant l'affaire, ce qui est mentionné dans la presse, ce sont des insultes à caractère sexiste ( on te baise, on va violer ta femme....)

http://www.lepost.fr/article/2010/04/20/2040826_agression-gratuite-a-perpignan.html

Marc Henri Picard décide alors de raconter son histoire au site Fdesouche dans un commentaire, puis très vite choisit l'AGRIF comme défenseur, donne un entretien à Novopress cependant que son épouse, elle, parle à Riposte Laique quinze jours après les faits.

http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://fr.novopress.info/56505/exclusif-%E2%80%93-ils-echappent-de-peu-a-un-lynchage-anti-francais-ils-temoignent/

http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://www.ripostelaique.com/Interview-de-Myriam-Picard.html

C'est là qu'apparait un exposé plus détaillé des injures à caractère raciste, et vraiment ces jeunes gens ont fait la totale pour ressembler à l'image que l'on donne d'eux... « On va baiser ta Blanche, on te nique ta race sale Cefran, etc, etc »

C'est là aussi que l'épouse ajoute un élément à son témoignage :au cours de sa grossesse , elle aurait été bousculée par un jeune, et ce jeune aurait également proféré ce jour- là des insultes à caractère raciste.

Dans les entretiens des deux époux avec Novopress et Riposte Laique, chacun pourra voir que les deux membres du couple  ont un discours assez structuré sur l'invasion du centre ville par les "jeunes qui n'habitent pas là", "l'omerta et la peur qui fait que les gens n'osent pas dénoncer", "l'impunité judiciaire pour les mineurs", mais aussi la description des jeunes qui "hurlent comme des animaux".

Face à la proposition du Mrap de les défendre , ils se montrent pour le moins critiques, l'association étant selon eux "soupçonneuse" , parce que l'avocat leur a posé des questions sur la manière exacte dont se sont déroulés les évènements, ce que ferait tout avocat. Ils ne donnent donc pas suite à la proposition du Mrap , mais par contre parleront à tous les médias identitaires qui le souhaitent .

Pour le MRAP , mais aussi pour d’autres commentateurs, la stratégie de cette famille est insoupçonnable et le fait qu’elle se tourne vers l’extrême droite analysé comme une « réaction » au fameux racisme antiblancs.

Explication banale de la lepenisation des esprits : le racisme c’est la faute des victimes du racisme, qui n’en sont en fait pas vraiment, mais plutôt les vrais  bourreaux dont on tait les méfaits par « bonne conscience », ce qui explique que les « vraies » victimes finissent par se réfugier à l’extrême droite.

L’AGRIF n’est pas allée chercher le témoignage et la version des jeunes, bien entendu. Mais le MRAP ne l’a pas fait non plus, et décidé d’entrée qu’il y avait dans cette histoire des coupables certains et des victimes hors de tout soupçon

Pourtant  ce n'est pas la première fois que Marc Henri Picard est mentionné sur Novopress. En effet, le jeune père de famille ex pompier de Paris est aussi l'auteur d'un bouquin qui raconte sa quête initiatique de jeune catholique lors de son voyage à pied en Sibérie.

- Le livre a été publié aux Editions de L'Oeuvre, tenue par un ancien des Presses de la Renaissance , maison qui publie également du Benoit 16, mais aussi des bouquins sur l'horreur du communisme.

- Victor Loupan, responsable de cette maison d'éditions est également chroniqueur au Figaro,  membre d'associations proches de l'Eglise orthodoxe russe, et surtout invité assez fréquemment à Radio Courtoisie au titre de directeur du journal La pensée Russe, qui se présente comme LE journal de l'émigration russe depuis 1947.

http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://tradinews.blogspot.com/2009/11/christophe-saint-placide-summorum.html

- Récemment, les Editions de l'Oeuvre ont accueilli en leur sein, les éditions Ad solem, dont le responsable est très proche des mileux catholiques   traditionnalistes intégristes , ou évolue aussi l'AGRIF

http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://radio-courtoisie.over-blog.com/article-11485242.html

Novopress Bretagne avait  parlé du bouquin en ces termes

« En digne héritier de Nicolas Bouvier, Marc-Henri Picard, dont c’est le premier ouvrage, nous entraîne dans sa folle équipée, avec grâce et humilité. [...] Cet aventurier hors normes livre le récit de cette quête, dont il fait une sublime poésie. D’un voyage initiatique, ce jeune Européen a su tirer un récit magnifique, d’une authenticité rare. Une rencontre improbable entre un caractère et un style. Avec Où traîne encore le cri des loups, un écrivain est né. » NovoPress / Breizh

Sur le Salon Beige, de la même mouvance que l'AGRIF, figure également une élogieuse critique de ce bouquin. Le Salon beige relaiera avec fierté le choix de l’AGRIF par la famille Picard, évidemment

http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2009/05/index.html

La victime de racisme « anti Blancs » dans cette affaire  est donc un jeune écrivain catholique édité dans une maison qui a des liens indéniables avec la branche catholique de l’extrême droite.

Qu’aucun journaliste n’ait même mentionné cette information aisément accessible et publique n’a rien de vraiment étonnant.

Par contre comment le MRAP a-t-il pu se solidariser aussi facilement et considérer comme vérité inquestionnable la version de la famille Picard ?

Ce qui frappe dans le communiqué du MRAP 66 en effet, c’est l’absence totale de tout emploi du conditionnel : les jeunes mis en cause n’auront même pas le bénéfice du doute quant aux « injures raciales », pas de présomption d’innocence dans leur cas.

En fait, en ce début 2010, la pression a grandi contre les associations antiracistes concernant la reconnaissance de l’existence du fameux racisme anti-blanc : même la LICRA , pourtant la plus modérée de ces associations officielles, qui a déjà approuvé la notion de racisme anti blanc par le passé a été violemment mise en cause dans les colonnes du Figaro,  pour ne pas s’être alignée sur ceux qui voient dans chaque agression, dans chaque fait divers une manifestation de la prétendue oppression de la majorité par les minorités : le journaliste en question s’appelle Ivan Rioufol, et c’est lui qui fait notamment la promotion de la prétendue affaire Marie Neige Sardin, citée plus haut dans notre article.

L’histoire des martyrs de Perpignan est effectivement édifiante : elle marque le moment où toute une partie de la gauche et de l'extreme gauche a conclu d'office à la validité d'un concept clef de la stratégie fasciste.

Par Luftmenschen
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Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 00:00

à l'envers-copie-1Pour les fascistes, une manière de neutraliser la lutte antiraciste, est de se la réapproprier en confondant les genres et les rôles.  Un confusionnisme bien usé par certains antisémites,   comme Alain Soral ou Dieudonné quiprétendent ainsi au titre d’anti-nazi. Usé aussi par l’extrême droite « identitaire » dont une des motivations serait de lutter contre « le racisme anti-blanc. »

 

A l’horizon de cette année 2011, concrétisation de l’offensive culturelle fasciste oblige, le procédé n’est plus l’apanage des groupuscules. Un avocat a ainsi été mis en examen sous le chef d’incitation à la haine raciale pour avoir déclaré que son client, d’origine immigrée était condamné d’avance dans la mesure ou le jury d’Assises ne comportait aucune personne issue de l’immigration.

 

 

En juin de l’année dernière, le MRAP 66, antenne locale d’une organisation reconnue d’utilité publique a pour la première fois proposé à des personnes victimes d’une agression de les défendre au nom de la lutte contre le racisme « anti-blanc ».

 

 Une syndicaliste martiniquaise fait actuellement l’objet de poursuites pour « incitation à la haine raciale » pour la reprise d’un slogan partagé par les acteurs du mouvement de classe, survenu aux Antilles en 2009, et visant les beke, non pas pour leur « race », mais pour leur position sociale 

  

Il y a encore quelques années, pas mal de politiques étaient déjà d’accord pour lier « délinquance » et « étrangers », mais rechignaient à le faire sans périphrases. Puis, la droite réactionnaire a renchéri sur l’extrême droite, avant d’être suivie par une bonne partie de la gauche social-démocrate.

Mais depuis quelques temps, si ce sont toujours les mêmes faits divers qui sont mis en exergue pour ne pas parler de l’insécurité sociale, les immigrés et leurs descendants ne sont plus accusés seulement d’être des barbares sans humanité, ni capacité de réflexion. De plus en plus souvent, l’accusation de « racisme anti Blancs » revient comme motivation principale de ceux qui seraient les « voleurs de I Phone », les « violeurs », les « agresseurs sans cause », etc, etc…

De quels « blancs » parle-t-on se demandera toute personne qui ne voit pas le monde et le marché de son quartier avec les yeux de Manuel Valls,  pour qui un arabe à la peau plus claire que la sienne n’est pas de ces « Blancs » qui , parait-il, font cruellement défaut à la jolie bourgade d’Evry ?

 

La réponse est bien sûr évidente pour qui se rappelle l’origine de la notion de « racisme anti-blanc », inventée par l’extrême droite dans les années 90. Les « Blancs » ce sont les franco-français  avec une carte d’électeur, que le Front National espère bien conquérir en leur faisant peur avec le "péril immigré".

Ce qui est présumé et dénoncé, c’est bien cela, un racisme « anti Français ». Mais l’extrême droite a très bien vu depuis le début le problème de cette dénomination, à la fois trop vague et trop précise.

 

Trop vague, parce  que parmi les accusés de ce prétendu « racisme », il y a une majorité de Français au sens strict et matériel du terme, des gens avec la nationalité tout simplement.  Accuser une partie de ces « Français » de « racisme anti-Français » fait immédiatement ressortir la réalité : c’est celui qui accuse l’autre de racisme qui l’est, puisqu’il rejette sur des critères ethniques ou culturels une partie de la population.

 

Trop précis, aussi, parce que le sentiment « anti Français » est quelque chose d’assez communément partagé en France, pour diverses raisons.

 

Le 6 mai 2007, par exemple, il s’est trouvé un paquet de gens devant leur télé, pour haïr férocement et provisoirement ce « peuple français » qui avait voté pour un candidat ouvertement xénophobe et anti pauvres.

 

Inversement, par exemple sur le site « fdesouche », dans les cibles principales des commentateurs enfiévrés de haine et de ressentiment, on trouve juste derrière les Algériens, les Français, ces « veaux », ces « dhimmis », ces « naifs « , ces «  masochistes », opposés aux membres d’autres peuplades plus nobles et plus farouches, plus conscientes d’être « Blanches » justement : les Serbes ou les Allemands à une certaine époque malheureusement révolue. Des « français » parfois même considérés sur le premier site d'extrême droite comme inférieurs à l’ennemi juré, le « Youpin » et le « Bougnoule » , soudé aux siens et prêt à la guerre de civilisation.

 

Et puis « Blanc », c’est abstrait, c’est a-historique, c’est pratique.

 

Même si désormais il est de bon ton de reprocher à quiconque évoque le passé colonial de la France ou sa responsabilité dans la destruction des Juifs d’Europe d’avoir la mémoire trop longue, si l’on exige des minorités opprimées  de faire du passé table rase sans garantie aucune sur l’avenir, il n’est pas difficile de comprendre en quoi le sentiment anti-français , même mal dirigé,  n’est pas du tout un racisme, mais au pire une réaction inappropriée au racisme et à l’antisémitisme.

C’est en ce sens qu’il ne peut y avoir aucun signe d’égalité tracé entre les communautarismes minoritaires, même lorsqu’ils évoluent vers le fascisme, et l’oppression majoritaire fondée sur des critères racialistes.

La notion piège de « racisme anti Blanc » est une notion qui abolit l’Histoire tout autant que les mensonges négationnistes : elle entend inverser le cours du temps et le déroulement des évènements.

 

Dans la logique démente des négationnistes, l’extermination des Juifs d’Europe est un mensonge inventé par le nationalisme juif, lequel aurait existé indépendamment de l’oppression millénaire d’une minorité culturelle et religieuse.

 

De la même manière, imposer le concept de « racisme anti-blanc » évacue immédiatement ce qu’est le racisme concrètement : ses victimes  désarmées devant un Etat, ses lois discriminatoires, sa police, sa justice et son potentiel de domination culturelle.

 

Il évacue pour le présent le fait que celui qui, éventuellement, se ferait traiter de « sale blanc », à l’occasion, ne peut pour autant se comparer à celui qui est un sale Noir de sa naissance à sa mort, de l’école au commissariat en passant par le boulot.

Il évacue pour le passé la cause des guerres d'indépendance nationale menées par les minorités opprimées, qui, effectivement ne furent pas toujours parfaites, et toujours sanglantes. Les colons deviennent des victimes d’une haine sans cause objective, motivée uniquement par la volonté de domination, comme le projet sioniste dans toutes ses composantes, même socialistes et progressistes, est qualifié de « raciste » par les antisémites.

Mais le concept de « racisme anti-blanc » neutralise aussi et surtout la réflexion .Très vite,  sous ce vocable, l’imaginaire collectif qui va se créer va englober des phénomènes qui n’ont pas grand-chose à voir. 

 

D’un côté les conséquences de la guerre entre les pauvres entretenue par le système capitaliste, qui ne tient pas seulement par le pouvoir de la bourgeoisie sur le prolétariat, mais aussi sur la délégation de l’oppression : le pouvoir laissé à une partie des prolétaires d’opprimer d’autres prolétaires.

 

La vie des petits « franco-français » pauvres est effectivement parfois un retournement temporaire des rapports de pouvoir principaux : l’existence du patriarcat ne se réduit pas à la soumission des femmes, elle est également matérialisée par le phénomène viriliste, et l’oppression des hommes qui ne peuvent, temporairement, être les plus forts. Dans ce contexte, là ou plusieurs hommes s’identifient comme des semblables, la chasse à « l’autre » est une activité quasi constituante. Et l’espace d’une soirée, d’un échange de regards dans les transports en commun, « l’autre » peut effectivement être le « franco-français », exactement comme il peut-être celui d’un autre quartier.

 

Mais ces phénomènes restent une oppression temporaire, pour le franco-français pauvre  : son principal souci au quotidien reste bien l’oppression de classe, et le principal obstacle à sa prise de conscience, justement le préjugé raciste, ou plutôt, une tolérance relative dictée par le racisme.

 

Les sales regards, la moquerie et les coups sont le lot quotidien de tous les jeunes hommes qui ne correspondent pas au modèle viriliste. Mais si le bizutage est le plus souvent accepté comme un rite de passage, que le petit garçon qui se plaint d’être la tête de turc de ses camarades déclenchera le plus souvent l’inquiétude de ses parents «  s’il ne réagit pas », les mêmes comportements émanant d’hommes ou de garçons des minorités sera perçu comme inacceptable envers le petit « franco français. »

 

Les phénomènes englobés sous le terme « racisme anti Blanc » n’ont donc absolument rien de nouveau.

Ce qui ressort, c’est le jeu pervers instauré entre la bourgeoisie culturellement dominante, sa composante fasciste et la bourgeoisie en devenir issue des minorités : la tentative croisée de créer un sujet « Blanc ».

 

De l’autre côté, les bourgeoisies « indigènes » puisqu’elles se dénomment elle-même ainsi ont tout intérêt à valider elle aussi cette essentialisation : le concept de « Blanc » ou de « souchien » leur va fort bien : elles n’ont naturellement pas l’intention de se lancer dans le « racisme à l’envers », mais par contre, figer l’identité de leur public issu des minorités pour le canaliser fait partie de leurs objectifs.

 

Le « Blanc » du discours indigène en effet est « le raciste », mais pas seulement : dans la majeure partie des cas, sa caractéristique majeure est l’universalisme progressiste, ou révolutionnaire. Le « Blanc » qui est visé, ce n’est pas l’identitaire de gauche qui essentialise ses « concitoyens », mais souvent toute personne qui critique le sexisme, ou le communautarisme ou la religion en elle-même, au nom de valeurs non identitaires.

 

Ceci permet en premier lieu de neutraliser les discours minoritaires de classe : ceux qui n’épargnent pas la bourgeoisie réactionnaire issue des minorités, et refusent de se ranger derrière sa bannière, sous prétexte de lutte contre l’oppression raciste. Ceux là sont les traîtres contaminés par la pensée « blanche ». La droite du FLN les appelait « les buveurs d’anisette », leurs héritiers directs Indigènes de la République leur reprochent de « s’intégrer par le jambon ».

Racistes et bourgeoisie minoritaire ont donc un intérêt mutuel à ce qu’émerge une identité « blanche », comme refuge pour les uns, comme fantasme pour les autres.

 

Seulement, les faits sont tenaces : en France aujourd’hui, il n’est pas de faits qui soient explicables correctement avec la thèse du racisme « anti Blancs ». Et le salmigondis de faits divers le plus souvent relatés par la presse dominante, et de questions abstraites formulées en guise de démonstration par ceux qui prétendent qu’il existe n’a rien de convaincant.

Le plus souvent, une fois les faits disséqués, l’interlocuteur, d’extrême droite ou pas, en reviendra toujours à la bonne vieille question : et pourquoi ça ne pourrait pas exister , dans l’absolu ?

Dans l’absolu, oui : l’esclavage aurait pu être le fait d’hommes Noirs sur des hommes Blancs.

Mais dans le réel, les notions qui pourraient être vraies dans l’absolu sont des créations fascistes irrationnelles propres à empoisonner les débats et à remplir un seul objectif, celui de leurs créateurs : renforcer l’oppression sur les minorités réellement opprimées et entraver l’unification des prolétaires dans leur combat contre la bourgeoisie

 

Par Luftmenschen
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